Les conférences et tables rondes


Lundi 9 juillet 2012

14h La littérature judéo-espagnole : mythe ou réalité ?

Intervenantes : Marie-Christine Varol (modératrice), Brigitte Peskine, Gaëlle Collin, Rosa Sanchez, Michèle Bitton.

L’existence d’une littérature judéo-espagnole est souvent ignorée voire contestée. L’objet de cette table ronde sera de rappeler sa genèse, de s’interroger sur ses manifestations et ses métamorphoses (caractère paraliturgique ou profane, passage des caractères rachi aux caractères latins, émergence d’une littérature à thème judéo-espagnol dans d’autres langues). Chaque intervenant sera amené à présenter une œuvre majeure de la littérature judéo-espagnole.

Lundi 9 juillet 2012

16h30 Littérature orale : contes et proverbes judéo-espagnols

Intervenantes : Anna Angelopoulos, Marie-Christine Varol (modératrice), Zelda Ovadia.

Les contes moraux et les proverbes occupent une place importante dans le monde judéo-espagnol. Ils véhiculent une forme de philosophie intégrée à la vie quotidienne qui est indissociable d’une praxis. Ils véhiculent également une pensée structurée dont les sources se trouvent dans les traditions antiques, talmudiques, musulmanes ou de l’Espagne médiévale et chrétienne.

Mardi 10 juillet 2012

14h Le monde judéo-espagnol : une culture urbaine spécifique Salonique-Istambul-Izmir

Intervenants : Marie-Christine Varol, Henri Nahum (modérateur), Gilles Veinstein, Moshe Shaul.

La diaspora sépharade s’est fixée en priorité dans les villes de l’Empire Ottoman et y a développé un mode de vie urbain fondé sur le commerce et l’industrie. Ce mode de vie passe par la constitution de réseaux familiaux et de structures communautaires en relation permanente avec les autorités ottomanes et les autres communautés limitrophes. Les communautés sont loin d’être isolées dans leur contexte : il n’existe pas de ghetto, les déplacements et les voyages sont fréquents, la pratique de nombreuses langues indispensable. Le commerce oblige à la constitution de nombreux relais sociaux et à une interaction fréquente avec l’hinterland. Cette culture urbaine très spécifique a difficilement résisté  à l’éclatement de l’Empire Ottoman et à la crise du modèle communautaire.

Mardi 10 juillet 2012

16h30 Le Maroc judéo-espagnol

Intervenants : Abraham Bengio, Line Amselem, Gladys Bunan. Henri Nahum (modérateur).

Le nord du Maroc (Tétouan, Tanger, Melilla, Larache, Fès) a longtemps abrité (et abrite encore) des communautés juives de tradition et de langue espagnole. L’espagnol vernaculaire (haketia) s’est en partie rapproché de l’espagnol moderne lors de la conquête espagnole à la fin du 19ème siècle. Des membres de ces communautés sont à l’origine de la renaissance des communautés juives en Espagne (Madrid, Barcelone). Que reste-t-il de cette histoire singulière qui semble à nouveau se fondre dans l’hispanité ?

Mercredi 11 juillet 2012

14h Romances - coplas – cantigas : Les genres traditionnels du répertoire musical Sépharade

16h30 La musique judéo-espagnole au XXIe siècle : pratiques, processus et enjeux

Intervenants : Chochana Weich-Shahak, Jessica Roda, Hervé Roten (modérateur), Marlène Samoun, Naïma Chemoul.

Le chant judéo-espagnol est un marqueur essentiel du monde judéo-espagnol. L’étendue du répertoire est considérable. Il imprègne autant la vie domestique que le monde liturgique ou les évènements sociaux (fiançailles, mariages, naissances…). Il a revêtu de multiples formes suivant les contextes culturels. Le renouveau du chant judéo-espagnol dans les directions contemporaines les plus inattendues est-il compatible avec la continuité et la maîtrise d’une tradition exigeante ?

 



Jeudi 12 juillet 2012

14h L’Alliance et les judéo-espagnols : entente et malentendus

Intervenants : Henri Nahum, Monique Nahon, Jean-Claude Kuperminc (modérateur).

L’Alliance israélite universelle fondée en 1860 par des personnalités juives françaises dans le but de promouvoir la « regénération » et la modernité occidentale dans les communautés juives orientales s’est surtout distinguée par l’importance de son œuvre scolaire et par la promotion de la culture française dans les communautés du bassin méditerranéen. Sa réception a varié fortement suivant les contextes : méfiance voire hostilité des rabbins traditionalistes, adhésion et soutien de la bourgeoisie éclairée, critique des milieux sionistes émergents à la fin du XIXème siècle. L’œuvre de l’Alliance est suffisamment importante pour avoir refaçonné les communautés judéo-espagnoles et sans doute accéléré en même temps que leur promotion sociale, leur rupture avec le mode de vie communautaire et leur dispersion. L’œuvre de l’Alliance est donc partie intégrante de l’histoire judéo-espagnole et ses Archives recèlent une partie importante de sa mémoire.

16h30 La place des juifs et des conversos dans la péninsule ibérique

Intervenants  : Jean-Claude Kuperminc (modérateur), Silvia Planas, Michael Alpert.

La présence juive dans la péninsule ibérique est attestée dès l’époque romaine et malgré des vicissitudes a connu une croissance importante. A partir de l’ère romane, certaines villes deviennent des foyers florissants de la culture juive en terre chrétienne comme en terre musulmane alors que le reste de l’Europe se ferme progressivement aux juifs. Quelle est la place numérique, sociale, économique, culturelle de ces communautés, leurs traits distinctifs et quel est leur degré d’intégration et d’interaction dans le contexte des royaumes chrétiens de la péninsule ibérique au moyen-âge ? Puis nous envisagerons, pour la période postérieure à l'Expulsion de 1492, quel a été le rôle de l'Inquisition et de son action sur le crypto-judaïsme aux 17ème et 18ème siècles.

vendredi 13 juillet 2012

14h Conférence de clôture : quel avenir pour les judéo-espagnols ?

Animée par Jean Carasso avec Moshe Shaul, Jenny Laneurie, Moïse Rahmani, Henar Korbi, Anne-Marie Faraggi, Pandelis Mavrogiannis, Corinne Denailles, Selim Bonfil, Sarah Izikli, Laurence Abensur, Ida Simon-Barouh, Suzanne Varol, François Azar.

Au moment où la génération des judéo-espagnols nés dans les anciens pays de l’Empire Ottomans et maîtrisant depuis l’enfance le judéo-espagnol s’efface comment transmettre efficacement notre culture ? Quels éléments essentiels peuvent être sauvegardés et transmis ? Le judéo-espagnol est-il promis à ne devenir qu’une langue de culture et non plus une langue vivante ? Quelle place pour les juifs dans le monde hispanique d’aujourd’hui et de demain ?

Famille Arditi, judéo-espagnols du Caire, 1907.

Coll. Enrico Isacco.


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